PORTRAIT-LINDSAY

20 août 2026

Le fond de mes réflexions

La plus grande leçon que la vie m’a apprise est d’être, de vivre, me permettre d’être moi, d’avoir une identité.

PORTRAIT-LINDSAY

Ma mère a toujours lutté contre un mal de vivre intérieur. Elle a tout donné pour se rendre à l’âge où, elle croyait, que nous n’aurions plus besoin d’elle. À ses yeux, elle n’était plus rien, elle ne voulait plus rien et n’avait plus de raison de vivre.

Je m’étais donc promis de ne pas me perdre, de ne pas être « juste une maman », mais d’avoir des passions, de me permettre d’avoir différentes facettes, différents rôles…

Être une fille, sœur, amie, conjointe, tante, mère.
Être une enseignante, accompagnante, psychologue, conseillère, infirmière, nutritionniste, entraîneuse.

On a beaucoup de chapeaux, les femmes, mais être moi, sentir que je suis, que je vis, être bien, de moi à moi, afin d’être bien et faire du bien autour de moi.

Si je pouvais parler à la jeune femme que j’étais à 10 ans, je lui dirais: Tu es assez.

• Tu as le droit d’être, de ressentir.
• Je t’aime.
• Je crois en toi.
• C’est correct, tu sais.
• C’est normal.
• Je t’écoute, je t’entends.
• Je suis là.

La vie m’a appris qu’il est nécessaire de tirer des leçons de vie au lieu de m’apitoyer et/ou de répéter ces erreurs. Et ce qui a concrétisé cette mise en action d’appliquer ces leçons, de toujours donner le meilleur de moi-même, c’est la naissance de mon fils.

Il est arrivé dans un moment de ma vie où je vivais l’événement le plus difficile et intense. Quel moment incroyable! La pire et la plus belle épreuve de ma vie.

Il m’a donc donné ce souffle pour m’apaiser, cette envie de me relever, me tenir debout. Être la meilleure version de moi-même chaque jour. Ce petit être dépendait de moi.

Donc, encore aujourd’hui et jusqu’à ce que je quitte cette terre, je suis le modèle pour mon magnifique humain. Je mérite cet effort et cette constance d’évoluer et de donner le meilleur de moi pour moi, mais je ne suis plus seule.

Samuel m’inspire, à tous les niveaux. En écrivant, les larmes coulent et je souris. Il est la raison pour laquelle je fais ce pas de plus que ce que j’aurais fait.

Ce que prendre réellement soin de moi signifie, C’est fou de réaliser que je me suis manqué de respect beaucoup à certaines périodes de ma vie. Je réalise que le sens de « prendre soin de moi » a évolué.

Oh là là! Que j’ai vécu un processus banal! Pour moi, c’est un tout et ça touche à différentes sphères de ma vie. Ça passe par l’amour, le respect et l’estime de moi. C’est large et vague déjà.

C’est prendre soin de mon corps physique : alimentation, hydratation, sport, soin du visage et du corps, et de mon côté psychologique : respecter mes limites, m’écouter, nommer les choses, faire ce qui me plaît et me fait du bien.

Je me rends compte que mes besoins évoluent dans le temps, tout comme moi. C’est donc d’être attentive et d’ajuster le tir, le besoin du moment afin d’être bien.

Écoute le petit serrement dans mon ventre, qui est mon indicateur corporel pour me dire qu’une chose ne va pas. J’ai réalisé qu’il m’avertit avant même que j’aie pris conscience vraiment qu’une chose n’allait pas. C’est donc de m’arrêter, écouter et réajuster.

Ça, c’est me mettre en priorité (on va tomber que c’est un début pour moi, ça! Hahaha!!). Je réalise que ce n’est pas égoïste. On peut le faire dans le respect de l’autre aussi! Mais on sait que c’est la base pour être heureuse, bien, se réaliser, accomplir, s’aimer et… pouvoir offrir et recevoir en retour.


Une croyance limitante qui m’a longtemps fait mal et que j’ai mis du temps à voir, reconnaître, comprendre et changer, c’est la croyance que je ne suis pas assez, que je ne compte pas vraiment, que je ne suis pas choisie.

Wow! Ça secoue de revivre, de réactiver ces chemins neuronaux de blessures et de croyances parce que… justement, ce sont des croyances.

Après beaucoup d’efforts, de temps, mais surtout après m’être outillée et formée, après avoir travaillé sur moi, j’ai compris que j’avais le choix d’y croire ou pas.

Il y a des raisons à ces blessures et ces croyances. Elles ont leurs raisons d’être et nous offrent un merveilleux cadeau au final. Elles sont un signal pour que je comprenne que ça ne va pas.

Ce n’est plus au cœur du quotidien, ces croyances. Elles ont déjà fait des ravages à plusieurs niveaux dans différentes sphères de ma vie.

Je ne peux pas dire que c’est 100 % derrière moi puisque, dans des contextes X, elles se montrent le bout du nez et veulent que je les croie.

Aujourd’hui, je le sais, je les vois, je les reconnais et les traite différemment. Je leur souris, reconnais que ça ne fait qu’envenimer cette situation. Si j’aurais aimé mieux une telle ou telle chose, je ne laisse plus de place à ces croyances que je ne suis pas assez.

Franchement, je n’aurais même pas eu ce discours il y a à peine quelques années encore. Je me pardonne d’avoir tenu ces propos envers moi-même, de m’avoir convaincue d’une telle chose.

Par contre, aujourd’hui, je sais que je suis ce que je suis. Je ne suis pas « pas assez », ni « trop », je suis moi. Ce qui est beau, c’est même que mon « moi » évolue.

J’ai donc décidé de voir ces pensées, de les reconnaître, mais aussi de ne pas les prendre, de ne pas les croire et de ne pas les laisser me faire mal.


Je pense que je suis fière de mon parcours, de ma résilience, de mes efforts pour me relever et me mettre en action pour apprendre et aller mieux.

Je me rends même compte que juste d’être « je suis fière de moi » n’était pas vraiment possible. Hahaha! J’ai dû ajouter « je pense ».

Pour moi, aujourd’hui, c’est beaucoup pour moi. Je me suis tellement fait du mal que le simple fait de m’aimer telle que je suis est un énorme pas.

Donc, dire que je suis fière est un trop grand écart pour moi. Je le comprends mieux aujourd’hui. Cependant, une chose est certaine : je sais que je pourrai le dire dans un avenir très proche.


J’aimerais dire à toutes les femmes qui vivent une épreuve qu’elles ont le droit de la vivre telle qu’elles en ont besoin. Alors, à toi qui vis cela, pleure, crie et frappe dans ton lit, sors la boule dans ton ventre, crie le nœud dans ta gorge, parle, nomme.


Je me suis tellement fait dire d’être forte, de l’être pour mon frère et ma soeur,  pour mon fils dans mon ventre, pour mon entourage. Je me suis fait dire de ne pas pleurer, de ne pas y penser, que ça passerait…

Pendant cette épreuve, cette douleur, le temps peut s’arrêter, tout s’embrouille, le système est en mode survie et ça fait mal. Ça peut faire mal à un niveau tel que je ne pensais même pas que ça pouvait exister.

Personnellement, je ne pense pas qu’une douleur diminue. Certaines grosses blessures, certains événements marquent pour la vie. Par contre, on grandit autour d’elle, on évolue. Elles sont toujours là, mais nous grandissons.

Même si nous pouvons regarder en arrière et juger certaines réactions lors de certains événements, je crois profondément que chaque personne fait de son mieux avec les outils qu’elle a, les connaissances et son niveau d’intelligence. Nous faisons de notre mieux.

Est-ce que réécrire des choses vécues, je les ferais autrement? Bien sûr que oui! Est-ce que je comprends et réalise aujourd’hui que j’ai fait de mon mieux à ce moment-là? Vraiment!

Alors, sois indulgente et douce envers toi-même si tu « gaffes ». Sur le coup, c’est la réaction que tu pouvais offrir. Les émotions, les réactions, notre mécanisme biochimique sont bien plus puissants que notre temps de réflexion, analyser, comprendre et décider d’une réaction plus appropriée.

C’est pour ça qu’on peut s’en vouloir. Mais, à toi qui te reconnais, tu n’es pas seule, ni anormale, c’est notre bon vieux cerveau qui est programmé ainsi.